Nos souffles unis recouvrent tout

Fragments

Une pluie de toi sur mon visage, le goût du souvenir dans la bouche. C’est humide entre mes doigts, comme une langue tendue dans le noir. Les corps s’avalent pour mieux se voir dans la tempête. La lumière passe entre les êtres et je m’estompe sur ta peau. Dehors, les gouttes tombent sur le velux et font crépiter le décor. Nous entendons à peine la lumière de l’orage. Nos souffles unis recouvrent tout.

Nous disparaissons dans une volupté brute. Tout recommence, plus fort, plus proche, jusqu’à dissolution. Nous nous endormons enfin, cachés sous la lune. Je sens ton absence à la lisière du sommeil. Je m’anime à nouveau avec les bruits du toi.

Rouen la nuit

Fragments, Voyage(s)

Les lignes bleues ont rayé la Seine, s’agglomèrent les points jaunes sur les quais, se rapproche l’horizon dans les veines, de la ville confinée aux clochers.

Dans les nuages le gris s’anime, ses nuances se dispersent dans la nuit, le souvenir du jour se confine, sur la vitre embuée par la pluie.

Coincée entre les reliefs fatigués, la vieille pierre est humide au matin. Ville de passage, je l’observe au lointain, un jour pourtant il faudra repartir.