Insomnie

Fragments

Le battement des spasmes de ton corps. Je me creuse comme une dune sous le vent, tu te poses à l’ombre de mon ventre. Je souffle. Tu murmures. C’est une mélodie pour les insomnies, une page sous la main que je caresse, le son du papier sur mes doigts. De l’encre sous les ongles, j’efface. Inspiration nocturne, je gratte. Contenus numériques infinis, je regarde. La rue s’anime de mes pairs, j’écoute. Une bouche sur ta nuque, je désire. Le ciel se cache, j’attends. Souvenir brumeux, j’écris. J’attends le jour pour dormir.

Dans le train

Voyage(s)

Le train s’enfuit et se tortille dans l’obscurité d’une nuit sans lune. Les fenêtres reflètent les visages émaciés. Ils rentrent chez eux, courbés par le travail, bercés par les ballotements : certains s’endorment. D’autres, plus insouciants, désireux de tromper la fatalité et la fatigue, rient sous la caresse nocturne des effets de l’alcool.

Le train s’enfuit et moi avec, je regarde ce petit monde qui s’évite, chacun envouté par la lumière pâle des écrans connectés. Le son saturé embaume le wagon et les sonneries rugissent comme des hymnes de solitude.

Il est 23h30 et tout le monde communique sans croiser leur regard. C’est un étrange spectacle de bruits et de rumeurs où l’on s’ignore en attendant le quai.