Rouen la nuit

Fragments, Voyage(s)

Les lignes bleues ont rayé la Seine, s’agglomèrent les points jaunes sur les quais, se rapproche l’horizon dans les veines, de la ville confinée aux clochers.

Dans les nuages le gris s’anime, ses nuances se dispersent dans la nuit, le souvenir du jour se confine, sur la vitre embuée par la pluie.

Coincée entre les reliefs fatigués, la vieille pierre est humide au matin. Ville de passage, je l’observe au lointain, un jour pourtant il faudra repartir.

 

Chaque Matin

Fragments

Chaque matin il regarde par la fenêtre. Que peut-il bien observer ?

La lune qui disparaît.

Les silhouettes qui s’effacent.

Les reflets sur les flaques.

Le bus qui passe dans un vrombissement impassible.

Son ombre sur la fenêtre.

Une mouette passe en rasant le jour, elle apporte des nouvelles d’au-delà et il se cambre nerveusement pour mieux suive sa trajectoire.

Chaque mouvement du dehors attire son attention.

Que peut-il bien penser ?

Existe-t-il un monde par-delà les toits ?

Où vont ces oiseaux qu’aucune vitre ne retient ?

Existe-t-il plus étrange spectacle que celui-ci ?

Où vont ces oiseaux juste après l’horizon ?

Ou alors… c’est le temps qu’il observe lui-même, ses contractions et ses répétitions, son impact instantané sur l’espace visible, ses impulsions chargées de sons et d’odeurs, de clignements familiers, ses alignements constants qui esquissent les contours, les couleurs qu’il diffuse, le mouvement de la lumière qui invente les formes et synthétise une certaine idée du réel ; un filtre poétique qui le rend supportable.