Avant la nuit

Fragments

Quand le soir arrive, c’est la soif qui dérive. Aspire, Empires, des soleils en déclin. Affamés de passions, ils constatent la rareté, sécheresse consumée des temples de carton. Se dissout dans la nuit, les espoirs bâtis le jour, les paradis artificiels sont désormais devenus sourds. Ils soulagent un temps la médiocrité, érigée en des normes reproduites aux confins. Dans ces salles où la musique s’érige en vestale, ils absorbent faute de mieux, les prières cannibales.

Il tient le soleil entre ses mains

Fragments

Elle passe comme un fantôme au milieu de la foule. Il tient le soleil entre ses mains. Elle passe comme un fantôme au milieu de la foule et il réchauffe son corps simplement en lui montrant ses paumes. Elle ne sait pas comment lui dire. Comment lui dire qu’elle est invisible ? Comment lui dire qu’elle sent dans son ventre parfois, le vide de tous les précipices ? Il lui tend simplement ses paumes et le soleil réchauffe leur corps. Mais il absorbe le vide, il l’absorbe et maintenant c’est lui qui disparaît. Il se sent impuissant alors il ouvre les paumes plus largement, il écarte ses doigts et pause les mains sur son ventre. Cela lui suffit à elle mais pas à lui, lui il disparaît dans le néant et il l’avale comme un fleuve avalerait l’océan. Elle a les yeux fermés, elle pense qu’il est encore là, avec ses paumes tendues et le soleil qui lui brûle les mains. Lui, se débat dans tous les précipices mais il n’y a rien à affronter là-bas. Il est seul, seul dans la nuit, avec la lune qui l’ignore. Alors il montre ses paumes au ciel et gèle à l’intérieur. C’est le silence.