Poésie Digitale

Fragments

Parfois je préfère les pigments digitaux. Ils s’assemblent pour créer un monde alternatif, où la poésie en transit est condamnée à errer dans une forme immatérielle, intangible… Mais enfin, n’est-ce pas là sa nature même, depuis la nuit des temps, que d’amortir dans le réel, l’absolue relativité de la beauté invisible des choses ?

Le code n’est-il pas un langage développé par l’Homme et seulement par lui ? N’est-il pas capable de simuler à travers ces lignes, un horizon régi par des lois semblables à celles de l’univers ? S’y vautrer, n’est pas moins vain ou plus abstrait que d’attendre un signe, une explication, un remède contre la médiocrité dans le firmament des choses, pendant que se déroule dans l’épisode médiocre de ce qu’ils nomment le « réel », les bégaiements d’une narration consignée par la nécessité du contrôle.

J’attends donc le surgissement imprévisible, qui un jour viendra troubler ma somnolence, il viendra comme l’étoile déchirant le ciel d’encre, des nuits noires et chamarrées de l’Outreterre.

Chaque Matin

Fragments

Chaque matin il regarde par la fenêtre. Que peut-il bien observer ?

La lune qui disparaît.

Les silhouettes qui s’effacent.

Les reflets sur les flaques.

Le bus qui passe dans un vrombissement impassible.

Son ombre sur la fenêtre.

Une mouette passe en rasant le jour, elle apporte des nouvelles d’au-delà et il se cambre nerveusement pour mieux suive sa trajectoire.

Chaque mouvement du dehors attire son attention.

Que peut-il bien penser ?

Existe-t-il un monde par-delà les toits ?

Où vont ces oiseaux qu’aucune vitre ne retient ?

Existe-t-il plus étrange spectacle que celui-ci ?

Où vont ces oiseaux juste après l’horizon ?

Ou alors… c’est le temps qu’il observe lui-même, ses contractions et ses répétitions, son impact instantané sur l’espace visible, ses impulsions chargées de sons et d’odeurs, de clignements familiers, ses alignements constants qui esquissent les contours, les couleurs qu’il diffuse, le mouvement de la lumière qui invente les formes et synthétise une certaine idée du réel ; un filtre poétique qui le rend supportable.

 

Le bruit des vagues

Voyage(s)

Au loin le bruit des vagues, des vagues les bruits du loin. La mer emporte avec elle nos souvenirs vers l’horizon. C’est un aller-retour incéssant du rêve à la mémoire. Au creux de ses ondulations, au milieu de la tempête, s’imprègnent les profondeurs de l’avenir.