Le Cartomancien – Partie 7

Le Cartomancien est une nouvelle découpée en plusieurs épisodes, semblable à ce qu’on appelait un « feuilleton-nouvelle ». La suite sera publiée chaque dimanche.

Lire la partie 1.

Lire la partie 2.

Lire la partie 3.

Lire la partie 4.

Lire la partie 5.

Lire la partie 6.

La présente nouvelle est soumise au droit d’auteur et ne peut être utilisée sans autorisation. Elle est disponible gratuitement sur ce site. Merci de me contacter pour tout renseignement.

Temps de lecture estimé : 15-20 minutes

PARTIE VII

« Docteur, je crois qu’elle se réveille ».

Maria demanda à ce qu’on lui tire les cartes, à demi-mot, sa langue engourdie lui semblait gonflée. Elle exigeait qu’on lui présente Michalowski, elle demandait explicitement où était « le cartomancien».

Après la phase de réanimation devait suivre un protocole strict afin de permettre enfin à Maria de revenir sans turbulences et avec la quasi totalité de ses fonctions mémorielles. Cela n’était pas chose aisée et le moindre imprévu aurait pu la plonger dans une nouvelle phase de  refoulement du réel.

Maria ne parvenait pas à se matérialiser pleinement dans cette texture étrange que dessinait sa nouvelle perception. Le tissu du réel semblait s’être déchiré comme un voile trop tendu, laissant passer au travers, des vents contraires insurmontables.

Elle avait la nette impression de se trouver à deux endroits en même temps et de pouvoir respirer, se mouvoir, parler, ressentir, dans un même mouvement de l’esprit.

Dans l’une,  le vieil homme lui servait le thé dans une grande tasse émaillée dont les motifs, semblables à des arabesques, commençaient à s’estomper. La fumée s’échappait lentement dans un petit salon de divination. Elle avait semble-t-il obtenu une séance tout à fait par hasard, du moins elle avait forcé l’agencement des choses en inscrivant son nom et son numéro de téléphone sur le site internet prévu à cet effet.

Elle se souvenait pourtant quelques heures plus tôt s’être éveillée dans une chambre blanche. Quelques heures plus tôt ou était-ce en train de se passer, en même temps qu’elle soufflait sur son thé pour ne pas se brûler ?

— « C’est drôle comment en sommes nous arrivés là ?» faisait remarquer l’interne .

— « Nous avons maintenu son état. C’est déjà une belle avancée, avait répondu le docteur, peut-être que les souvenirs les plus récents se sont mêlés à ceux que nous avons tenté d’activer. Je crois qu’involontairement nous en avons créé de nouveaux. Il y a encore tellement de choses inexpliquées mais je crois bien que cette expérience est une des plus probantes  ».

Le professeur Michaël Lowski faisait face à sa patiente. Elle ne savait pas ce qu’elle faisait dans cette salle trop lumineuse. Tout était flou, la vue revenait très lentement et les moindres petits bruits lui martelaient la tête. Trop faible pour continuer à gérer l’afflux d’idées et de souvenirs qui s’amoncelaient, elle se plongea à nouveau dans le sommeil et ne se réveilla qu’une dizaine d’heures, de jours, d’années… plus tard, pendant lesquelles elle avait pu être morte.

Il y avait maintenant sur sa droite une grande baie vitrée qui donnait sur une mer calme et paisible. Le sable était gris, tamisé par les nuages qui obturaient la lumière du soleil. Elle était allongée sur un lit, sa tête relevée par de gros oreillers. Sur la vitre se reflétait la silhouette d’une femme vieillissante, au crâne rasé et aux traits émaciés. Elle se reconnut à peine et préféra détourner le regard. Elle remarqua sur sa gauche tout une batterie de machines qui bourdonnaient doucement dans un silence placide. Elle identifia un encéphalogramme et un électrocardiogramme qui dessinaient des formes régulières sur des moniteurs.

Fixant à nouveau son attention sur la plage, elle observa longuement la ballade qu’elle se souvenait avoir parcourue dans ses rêves. C’était à ce même endroit qu’elle avait marché. Il y avait auparavant un festival et une foule électrisée par l’événement. Ou bien était-elle encore là, à scander des insultes à des forces de l’ordre dépassées ?

Cela lui semblait presque banal que de se trouver dans cette chambre d’hôpital quasiment vide. Elle n’éprouvait pas de peur, pas d’angoisse. Il devait bien y avoir une raison logique à sa présence dans ce lieu tranquille et apaisé. Elle respirait doucement, sans gène, se sentait lasse mais suffisamment forte pour pouvoir se lever, marcher et écouter les fadaises d’un vieil illuminé dans son cabinet de divination. Seulement, elle préféra ne pas bouger, attendre encore un peu et profiter de la quiétude de l’instant.

Elle entendit des pas réguliers venant du couloir. Ils se rapprochaient de sa chambre. Une personne entra et Maria n’eut pas la force de tourner la tête pour regarder.

« Comment vous sentez-vous Maria ? ».

Un vieil homme en blouse blanche fit le tour du lit et s’assit sur un fauteuil roulant situé près de la fenêtre. Maria ne bougeait toujours pas mais plissa les yeux en le dévisageant. Elle avait en face d’elle, au même moment, ce visage avenant qui lui souriait et lui parlait d’arcanes, d’un chevalier de coupe et d’un chariot.

« Est-ce que vous vous souvenez de moi Maria ?

Michalowski. Je vous vois.

Lui-même dit le vieil homme en révélant de grandes dents blanches, Professeur Michaël Lowski.

Non. Michalowski, Michalowski insista-t-elle fébrilement.

Presque ! je suis le professeur Michaël Lowski, neurologue spécialiste de la mémoire et des souvenirs.

Vous ne tirez plus les cartes ?

Il se mit à rire franchement, légèrement mal à l’aise.

— Non, je suis ce bon vieux docteur Michaël Lowski.

Il marqua un temps puis reprit plus sérieusement. « Maria avant de vous expliquer précisément ce qu’il se passe, j’ai besoin de toute votre concentration et que vous m’accordiez une confiance absolue. Je sais que cela peut sembler étrange, déstabilisant, mais il me faut recueillir tous vos souvenirs. Le plus précisément possible. Comme ils vous viennent. D’autres personnes vont venir m’assister et cette conversation sera enregistrée. Je vous demande seulement de parler, en essayant d’établir une chronologie qui vous semblera la plus fidèle à vos souvenirs. Si des détails s’estompent ou vous semblent inaccessibles, ne vous focalisez pas dessus, rattachez-vous à des fragments plus tangibles ».

Le Docteur Lowski donna tout une ligne de consignes et fut rejoint par d’autres personnes, également en blouses blanches, fixant sur la tête de Maria l’extrémité de conducteurs reliés à d’autres machines.

En même temps elle voyait s’abattre de nouvelles cartes ; la Lune précédait le Mat qui se trouvait bloqué par l’Ermite. Elle ne savait pas trop quoi en penser, alors elle porta à nouveau son attention sur le service à thé. Il devait avoir été trimballé de carton en carton et avoir contenté plusieurs générations avant de se retrouver entre ses mains. Elle aurait bien aimé avoir pareil service. Marc lui en avait ramené un du Japon. C’était l’année dernière.

A mieux y regarder, il s’agissait bien de son service à thé, elle reconnaissait les petites brèches sur chacune des tasses, les griffures sur l’anse de la théière ou encore les fleurs de sakura qui s’effaçaient progressivement.

Elle expliquait machinalement au professeur son rêve en se gardant bien de lui révéler ce qu’elle éprouvait réellement. Elle avait l’impression désagréable d’avoir déjà raconté ce récit des milliers de fois et elle ne savait plus vraiment où et quand elle le faisait. A mesure qu’elle le détaillait, elle prenait conscience qu’elle était en train de tout revivre. Les internes prenaient des notes, suspendus à ses lèvres.

Le docteur fit un petit signe de la tête à son entourage, des mains s’agitèrent autour de Maria pour lui poser une perfusion. Au bout de quelques secondes, elle sombra dans un sommeil sans rêves. Pourtant elle était toujours éveillée, dans le cabinet de divination de Michalowski, buvant le thé et riant à ses blagues.

Quand le thé fut terminé, il fixa une imposante paire de lunettes rondes sur son nez busqué, sortit une boîte en acajou cernée d’un liseré d’or et en retira un enregistreur vocal qu’il posa minutieusement face contre table. Maria regardait maintenant le vieil homme sourire, en train de feuilleter un dossier à son nom.

« Maria, je suis le professeur Lowski et vous êtes dans mon cabinet. Que ressentez-vous à l’heure actuelle, que pensez-vous être en train de faire à cet endroit ? 

— Je suis venu me faire tirer les cartes, dit-elle d’une voix presque éteinte.

— Les cartes oui… Maria vous êtes actuellement en train de rêver et nous allons nous éveiller ensemble, d’accord ?

— Je rêve ?

— Oui et non, vous rêvez et nous sommes en train de revenir doucement à la réalité. Vous êtes dans un état intermédiaire. Semi-éveillée et semi-endormie. C’est un peu comme quand le réveil sonne le matin et qu’il s’intègre au rêve que vous êtes en train de faire. Nous vous avons plongé artificiellement dans cet état et nous refaisons doucement surface avec vous. Vous devez vous trouver dans le cabinet de divination que vous connaissez bien ainsi que dans mon bureau au centre. Vous pouvez vous détendre, tout va se passer pour le mieux, il suffit de me faire confiance.

— Marc est-il là ?

— Non, car Marc est mort dans un accident de voiture avec vos deux enfants. Vous le savez Maria, l’autre réalité où Marc vit n’existe pas, nous vous l’avons expliqué à plusieurs reprises. Marc ne peut pas être en vie et mort en même temps.

— D’accord dit-elle calmement en souriant puis en fermant les yeux.

«Elle ne me croit pas », pensa Lowski, tentant de garder sa contenance. Il savait que ce qu’il faisait était extrêmement périlleux et qu’il pouvait la perdre à tout instant.

« Maria, je veux que vous m’écoutiez très attentivement. Vous pouvez garder les yeux fermés, c’est même mieux ainsi mais je veux que vous suiviez le son de ma voix et que vous preniez bien conscience de chaque mot prononcé. Vous êtes actuellement dans un cabinet de divination et dans un hôpital. Quelque chose bloque votre retour parmi nous. Je vais donc tout vous expliquer calmement, je vous demande simplement de bien m’écouter, de rester focalisée sur ce que je vais vous dire ».

« Je me souviens encore très bien de votre arrivée au centre après votre accident de voiture. Vous êtes restée dans le coma pendant une année entière et j’ai pu développer toute une batterie de tests permettant de prouver que les comateux rêvaient. Ils rêvent Maria, nous en sommes certains et vous en êtes la preuve vivante. Vous avez beaucoup rêvé pendant votre coma et c’est ce qui vous a maintenu en vie. Les rêves sont indispensables à la survie de l’Homme.

Mes articles à ce sujet ont fini par focaliser l’attention du milieu universitaire sur mes recherches. Si mes méthodes furent critiquées et manquèrent de me coûter mon poste, tous fermèrent les yeux lorsque  je pus enfin enregistrer un de ces rêves. Si les premières images étaient informes et difficiles à déchiffrer, de nombreux financements permirent d’en perfectionner la qualité.

Désormais, il est possible de discerner des formes, des lieux et parfois même des visages. Mais le signal est souvent instable et il y a toujours de nombreuses pertes dans les enregistrements. D’après mes théories, c’est parce que les rêves, comme les souvenirs et la perception du réel, sont eux-mêmes discontinus et le cerveau comble tout cela par l’imagination.

Ces prodigieuses avancées m’ont permis de rayonner internationalement et d’attirer l’intérêt de nombreuses entreprises. Des fonds quasiment illimités ont permis de fonder l’Agence Internationale pour l’Étude des Rêves et des Souvenirs dont je devins naturellement le directeur. C’est là que vous êtes actuellement ».

Ne l’écoute pas Maria.

« Les souvenirs sont par essence l’enregistrement d’un événement dans la mémoire, ils sont comme autant de capsules conservées dans le cerveau avec un certain nombre d’informations qui ne peuvent être exhaustives. Le cerveau est incapable de stocker tous les détails propres à un moment donné. Ainsi, il vous est peut-être possible de vous souvenir d’un rendez-vous sans pour autant pouvoir décrire précisément vos vêtements ou la décoration du lieu. Un souvenir est donc composé d’images discontinues et de perceptions influencées par un état émotionnel. L’état émotionnel est ici très important car c’est justement ce qui nous a permis de stabiliser votre état, tout en vous ramenant progressivement vers un réel supportable.

Un souvenir est composé de l’enregistrement d’un instant, filtré par un état subjectif lié à l’individu et à son état émotionnel. Étant forcément discontinus, les souvenirs sont comblés par des phases fictionnelles. Un souvenir ne saurait donc être une preuve irréfutable puisqu’il s’articule autour de notre perception et de portions totalement inventées. De plus, la nécessaire restitution d’un souvenir, par exemple si l’on vous demande de décrire un choc, déclenche des sensations qui modifient la structure même du souvenir. Les mots sont chargés d’une intensité plus ou moins importante qui va de fait influencer la restitution du souvenir.

En vous souvenant donc, votre souvenir déjà tout personnel, se trouve à nouveau modifié par le moment précis de la narration. La formulation orientée d’une question, influence donc le souvenir et créée parfois des fragments qui n’existent pas. Il en va de même dans un contexte ou la pression sociale est suffisamment forte pour influencer les sujets observés.

De ces conclusions ont découlé de nombreuses expériences visant de manière suggestive à insérer de faux souvenirs dans la mémoire des sujets. La découverte des propriétés d’une protéine nous a permis de cibler des souvenirs en localisant précisément les zones du cerveau stimulées. Grâce à de la lumière, il nous a été possible d’activer des neurones avec une précision de plus en plus importante et ce, grâce aux progrès d’une science que l’on nomme l’optogénétique. Mais ce charabia scientifique n’est pas très intéressant.

Si ces recherches permettent déjà de lutter efficacement contre l’amnésie et les maladies neurodégénératives plus généralement, nous avons dû mesurer toute l’ampleur des problèmes éthiques qui pouvaient découler de nos recherches ».

Maria, je suis là, j’existe si tu le veux, ne l’écoute pas. Je ne veux pas disparaître, tu ne le souhaites pas non plus.

Le professeur s’arrêta quelques instants pour prendre une gorgée d’eau. Le silence était palpable, Maria gardait les yeux fermés et souriait niaisement. Dans le cabinet de consultation du centre, elle avait les yeux grand ouverts. Lowski avait les sourcils froncés, la mâchoire crispée et les yeux clos.

Dans le cabinet de divination, il regardait ses mains moites. Ses doigts étaient étrangement juvéniles, il fut surpris également de ne plus voir son alliance. Il se concentra à nouveau sur Maria et reprit d’un ton compassionnel.

« C’est là que vous jouez un rôle essentiel dans le déroulement des choses », reprit-il après s’être raclé la gorge. Il avait comme l’impression d’entendre sa voix à l’extérieur de lui-même» .

Reprends le contrôle Maria.

« Vous avez été la plus réceptive aux expériences de nos chercheurs qui dans un premier temps, avaient réussi à vous sortir d’un coma de stade 3 en insérant de faux souvenirs au sein de vos rêves. Suite à un grave accident de voiture, votre mari et vos enfants sont morts sur le coup. Ils n’ont pas souffert. Vous êtes restée une année entière dans le coma et nous avons fait tout notre possible pour vous ramener.

Avant cet accident, vous vous rendiez en voiture à un festival de cinéma. On y présentait votre premier film. Vous étiez réalisatrice de films Maria.

En focalisant votre attention sur l’existence de l’être aimé, plus particulièrement dans votre cas sur Marc, votre mari, nous avons obtenu des résultats saisissants. En réactivant de manière progressive sa présence dans vos rêves et en insérant des souvenirs d’une réalité fictive où il était en vie, vous avez fini par vous éveiller.

L’usage des outils de l’optogénétique et la possibilité d’enregistrer un fragment de vos rêves ont rendu possible la localisation du souvenir de Marc. Quand vous rêviez de votre mari, certains neurones s’activaient et il nous a été possible de connaître avec précision l’emplacement des souvenirs mobilisés.

Cela reste une hypothèse, cependant il semblerait que l’amour soit aujourd’hui la seule émotion capable de sortir artificiellement un être humain du coma. Nous pensons que lorsque les victimes se réveillent d’elles-mêmes d’un coma, c’est très certainement pour leurs proches. C’est une opinion toute personnelle mais aujourd’hui et grâce à vous, elle semble se vérifier à travers nos expériences.

Le problème est que cette opération a complètement détraqué votre capacité à accepter sa disparition. Ainsi, vous entriez dans des phases délirantes où le constat de son absence vous devenait insoutenable. On a dû fréquemment vous replonger dans un état de sommeil profond en essayant de réinsérer le fait que votre mari soit mort. Vous êtes donc actuellement en incapacité de faire le deuil ».

Le professeur Lowski avait la bouche pâteuse et la gorge sèche. Son exercice de rhétorique afin de ramener Maria l’épuisait plus qu’il ne l’avait prévu. Il chercha ses cigarettes dans sa poche mais n’y trouva qu’une pipe en bois qui ne lui appartenait pas. Il n’avait aucune idée de comment elle était arrivée là et ne savait nullement s’en servir. Il continua son laborieux exposé.

Nous sommes en train d’y arriver Maria. Continue, pour toi, pour nous.

« Le deuil est un processus provoqué par une rupture. La perte d’un être aimé provoque généralement une douleur. La douleur se surmonte par la capacité des individus à réinvestir un environnement sans la présence de l’être disparu, en liant d’autres liens avec la réalité et donc d’autres individus par exemple. En réintroduisant de manière forcée l’existence de votre mari, nous avons semble-t-il annulé la possibilité du vide, si bien que votre mari est pour vous nécessairement vivant. Vous êtes dans l’incapacité de distinguer le souvenir de votre mari à son existence dans le réel. Si bien que décédé et donc absent de votre réalité dans un état d’éveil, vous parvenez à coexister à travers une réalité alternative et paradoxale. Le souvenir de son état en tant qu’être vivant est plus prégnant que le constat de sa disparition.

Vous êtes même parvenu à effacer l’existence de l’accident et de tout ce qui pouvait se référer à sa disparition, tout en admettant la mort de vos enfants alors même que votre mari était présent dans l’accident.

Ainsi, dès que l’on vous explique et que l’on vous montre les preuves irréfutables de la mort de votre mari, vous entrez dans un état proche de ce que peuvent connaître les épileptiques en état de crise grave».

Après un temps mort, un interne pénétra dans le cabinet du professeur avec un téléviseur monté sur un chariot à roulettes. Lowski lui fit un signe de tête afin qu’il lance une vidéo, montrant Maria, se débattre violemment suite à son réveil. Elle ne réagissait toujours pas, regardant distraitement les enregistrements. Venaient ensuite des photographies de son mari décédé à la morgue, des documents signés attestant le constat de sa mort, puis d’autres clichés de taules froissées et de voitures littéralement écrasées contre une rambarde de sécurité.

Ce n’est que pure fiction Maria. Tu dois reprendre le contrôle. Ne me laisse pas disparaître. La vie n’est qu’un songe sans consistance si les âmes réunies se retrouvent séparées. Ne renonce pas à nous. Le battement des spasmes de ton corps me manque. Je me creuse comme une dune sous le vent sans toi, j’attends que tu te poses à l’ombre de mon ventre. Je souffle. Tu murmures. C’est une mélodie pour les insomnies, une page sous la main que je caresse, le son du papier sur mes doigts. De l’encre sous les ongles, j’efface. Inspiration nocturne, je gratte. Contenus numériques infinis, je regarde. La rue s’anime de mes pairs, j’écoute. Une bouche sur ta nuque, je désire. Le ciel se cache, j’attends. Souvenir brumeux, j’écris. J’attends le jour pour dormir. Je rêve du jour quand je dors parce que tu es là. Je t’attends. Reprends le contrôle !

Lire la dernière partie.

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