Les Solitudes

Elle lui demanda de le regarder. Il détournait les yeux. Elle lui dit que même ailleurs elle le regardait, mais il ne l’entendait pas. Il refusait d’admettre qu’elle avait son regard dans le sien même en lui tournant le dos. Pourtant elle le voyait tout entier, encore mieux avec de la distance, encore mieux avec l’âpreté du manque, elle pouvait le contempler, dans ses gestes, dans ses paroles, dans son être, dans sa beauté. Lui, continuait à fuir cet implacable constat empirique qu’était le vide créé par son absence.  Elle, pouvait le peindre avec ses mains, dans l’espace que son corps n’investissait pas. Son souvenir ne lui suffisait pas, mais elle parvenait à entourer le vide. En formant des cercles d’or avec ses doigts, elle attrapait un peu de son âme ; quelques filaments cendrés qui blanchissaient sa peau. Lui, il regardait son ventre et sa douleur et son chagrin, le pressait doucement contre sa poitrine et ignorait la lumière, douce et lointaine qui caressait sa nuque.

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