Elle tient les vagues entre ses mains

Il y a tellement de soleil contre le fleuve que ses pensées sont blanches. Il plonge dans le miroir et s’habille des méandres que son corps dessine en tordant l’horizon. Tout est limpide car il ne voit plus rien. Tout est clarté dans la lumière du soir. Ses mouvements créent de petits remous à la lisière de l’eau. Ce sont comme des vagues qui dansent pour célébrer le jour. La nuit va arriver mais elle se fait attendre. Mystérieuse et craintive elle attend sagement son tour.

Il y a tellement de lune contre le fleuve que ses pensées sont rouges. Ce soir elle s’est parée de feu et flambe parmi les astres. Elle plonge dans le miroir et déshabille le ciel en fendant la surface des eaux troubles de son cœur. Elle sait qu’il est venu ici, plus tôt dans la journée, quand le soleil tenait encore les nuages en respect. Elle sent sa présence simplement en tenant l’eau entre ses mains. Ses caresses réactivent les mouvements de son corps.

Ils se touchent à quelques heures d’intervalle. Ils se sentent, se croisent, se reconnaissent séparés par le temps. Il est venu ici, à nager dans la lumière, là où elle danse dans les limbes empourprés. C’était dans une autre vie peut-être, ils ne savent plus vraiment. Mais ils se souviennent de l’avenir, ils savent qu’ils se croiseront bientôt.

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