Dans la peau

Toujours garder les traces, retirer le couteau de la plaie, arracher les croûtes purulentes, garder les marques, les stigmates, les mains ensanglantées, les cicatrices, les défauts, les creux dans la peau, les rides, toutes les aspérités, tout ce que nous sommes.

Bâtir des monuments, bénir des artefacts, écrire avec les doigts sur les murs, car les murs se souviennent, des chocs et des caresses, ils gardent à l’intérieur, au plus profond d’eux-mêmes, les bruits et les échos.

La peau se souvient aussi, des baisers sur la nuque, des caresses dans les cheveux, des pincements, du froid quand il gèle, des brûlures du soleil… personne pour effacer les souvenirs de la peau, alors personne pour effacer les parchemins d’antan, personne pour gratter les peintures sinon le temps.

Mais autour de tout cela, il fleurira comme par enchantement, la délicate rose, rouge comme le grenat, pourpre comme la lèvre que l’on mordille trop fort, plante épineuse, celle des rois, cueillie par les gueux,  la plus belle de toutes, fabuleuse, à l’odeur enivrante, à la tige féroce, où le curieux se pique et saigne abondamment quand il essaye d’en arracher le secret, sur l’orgueil de son noble maintien.

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