Tourisme

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S’élevant à l’unisson pour les merveilles antiques, où coulent les fontaines et jaillit la pierre du temps, ils sont brandis comme des bâtons de sorcier, à bout de bras, où les paysages nus sont incrustés du vide. On croirait entendre l’écho du silence et le voile d’un rictus pétrifié. Ce ne sont que des reflets qui s’admirent dans une flaque de pixels. Des tableaux sans toile, où tout est agencé, tout s’effrite, se consume instantanément, décharge son porteur de ses angoisses, de ses souvenirs pour qu’il puisse déclarer au monde indifférent : « I was there ».

Ô Perche à selfie, artefact consacré, désaltère mon égo, ta puissance est immense, d’un simple mouvement d’épaule, tu fais tout disparaître ; forme, lumière, matière. Tout devient invisible, il ne reste plus que le spectre d’un sourire agencé, où une foule alanguie répète à l’infini, ce sacrifice ultime au panthéon du moi.

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