Inerte

Figé entre deux blocs poisseux, ce corps s’évapore dans l’inertie des apparences. Le temps n’existe pas, pourtant il se dérobe, lentement, se désagrège comme la craie des falaises et emporte avec lui toutes les aspirations.

***

La morsure du froid révèle ma léthargie, elle en fait une brûlure dans mon cerveau de glaise, une marque irréversible dans la matière ductile.

***

Ce corps n’est pas le tien, ta vie ne t’est pas familière. Une ombre grise s’écoule sur les trottoirs, parmi la parade des métronomes, elle flotte entre deux mondes, bloquée par la torpeur. Cette ombre, elle te ressemble, mais ce n’est pas toi. Elle avale ton âme et en fait l’apparat calcifié des menues conventions.

***

Je trace des lignes de fuite qui mènent au bord d’une feuille. Je fais demi-tour, longeant tous les carreaux, la marge flamboyante attise ma docilité et j’attends sagement pour que rien ne se passe.

***

Au coin d’une feuille blanche, cornée, j’attends le testament des occasions manquées.

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