Rituel de l’absence (II)

Les doux murmures des sonorités électroniques, ceux qui bercent la nuit et défient le jour de se lever, ils lui soufflent dans l’oreille et lorsqu’elle ferme les yeux, elle n’est plus de ce monde.  Elle tourne sur elle-même, dans le sillon de ses pas alourdis, elle plane au-dessus des brèches et des petites existences tranquilles… La banalité est un lointain souvenir, car elle dort d’un sommeil éveillé, ils ne savent pas eux, qu’ils ne savent rien et que elle, à ce moment précis, elle sait tout.

Vibrante respiration qui saisit tout son être, elle tremble de bonheur et parfois même, elle pleure. Elle pleure parce qu’elle se voit seule dans le creux de la foule suspendue, ces âmes errantes se perdant tous les soirs dans les confins de la nuit, les yeux vitreux, mais la tête bien pleine, déformant leur silhouette qui mord l’obscurité. La nuit s’est envolée, mais son esprit habite encore les plus fous, ceux qui hurlent à la vie sous la pleine lune blafarde.

Le soleil réchauffe les coeurs abîmés, ils sont encore en pleine cure d’insomnie, suspendus dans un songe synthétique. Elle voit des vagues, elles ondulent tranquillement, des mains fouettent mollement l’air et s’entremêlent, se touchent, se caressent, des bouches se rencontrent, tendrement, un bras se laisse tomber dans le creux d’une épaule et efface d’un geste tout le reste. Ici, l’humanité a décidé de tout pardonner et elle s’aime à nouveau dans une transe singulière.

Le paysage s’est habillé d’une lumière matinale, il se dévoile sous un autre jour et semble contenir en son sein, la beauté des mondes oubliés. Elle jubile, elle est belle et si lointaine, seule dans la foule hypnotisée, elle danse d’un même rythme et communique avec le monde entier, elle renoue avec tout, redécouvre les corps, les peaux sans filtres et leur texture, les gens sont beaux, furieusement, ils transpirent d’une rage éclatante, une force sauvage émane de leurs déambulations, ils exultent, se purifient quand les mille mesures de vérité sont battues. Avec ce remède contre le vide, rien ne peut les arrêter, ils n’ont plus peur du jour les enfants de la nuit et leurs rêves sacrifiés sont si beaux quand ils dansent.

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